Le secret de Crickley Hall, écrit par l’un des maîtres
actuels du genre, James Herbert, présente le schéma de l’histoire de fantômes
tout à fait classique. Une famille débarque dans une maison isolée du Devon qui
s’avère, bien sur, avoir été quelques dizaines d’années plus tôt, le théâtre
d’événements tragiques. Dés lors on assiste à la montée en puissance
progressive des phénomènes paranormaux et ce jusqu’au dénouement final quelques
700 pages plus loin. Comme à son habitude, l’auteur joue habilement des codes
narratifs permettant au lecteur de s’immerger totalement dans son univers qu’il
parvient à rendre crédible grâce à maints détails (hormis les apparitions elles-mêmes,
bien sur, quoique…).
Cependant, au-delà de l’histoire de fantômes, qui n’est
qu’une habile mise en forme, Le secret de Crickley Hall aborde de manière plus
ambitieuse, des sujets de fond très actuels, tels le déni de la perte d’un
enfant mais aussi les préjugés religieux et la maltraitance des enfants, sujets
liés tous deux dans ce cas aux effets pervers dus à une interprétation erronée
de la religion et à une obéissance inconditionnelle à des préceptes d’un autre
âge. Sur ces derniers points, Le long roman de James Herbert (763 pages),
publié en 2006, rejoint certaines thématiques abordées de manière secondaire
dans le film The Haunting de Jan de Bont (remake tape à l’œil de La Maison du
Diable, de Robert Wise, qui reste le classique incontesté du film de fantômes).
Un roman qui ne décevra pas les aficionados du genre mais
qui pourra permettre par une lecture au deuxième niveau, une réflexion sur les
problèmes de société qui y sont abordés, problèmes tangibles et bien
réels quant à eux.
(Article initialement publié sur de terres et de mots... le
19 juin 2011)
Note :
8/10
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