Carmilla est l’un des tout premiers textes modernes à mettre
en scène un vampire. Le roman fixe déjà les canons du genre à savoir le château
isolé (ici dans une province reculée d’Autriche), le caveau dans lequel repose
le non-mort, les chasseurs de vampires, la poursuite, le pieu et la
décapitation finale. Inspiré des textes du religieux lorrain Dom Calmet,
Carmilla inspirera à son tour quelque 25 ans plus tard un illustre compatriote
de son auteur : Bram Stocker. Dracula doit en effet beaucoup à Carmilla. L’érotisme
inhérent au genre n’est pas non plus oublié avec l’homosexualité féminine,
suggérée dans le roman. Ne perdons pas de vue que le roman est paru en pleine
période victorienne…
Roman novateur à son époque (1872), Carmilla inaugure un
genre qui atteindra son apogée en 1897 avec Dracula. Malheureusement de nos
jours, le genre, malgré quelques œuvres sortant du lot, a tendance, avec la
multiplicité des parutions actuelles (je pense bien évidemment au "genre littéraire"
Bit-Lit), à s’essouffler sérieusement et à perdre beaucoup de son intérêt.
(Article initialement publié sur de terres et de mots... le
25 juillet 2010)
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