La femme gelée fait partie des petits romans
autobiographiques de Annie Ernaux. De son enfance à l’âge adulte, des bancs de
l’école à la fac puis en tant que prof de littérature, Annie Ernaux nous
raconte son parcours en tant que petite fille, jeune fille puis femme.
Plusieurs figures de femmes de sa propre famille sont évoquées avec leurs
ambitions personnelles et professionnelles ayant tourné court à la venue des
enfants. Lors de la naissance de son premier enfant, surnommé affectueusement
le Bicou, Annie Ernaux nous relate ses difficultés de conjuguer poursuite des
études et baby-sitting. L’auteur met en exergue ces désavantages inhérents à la
condition féminine que sont le fait de s’occuper des enfants, les courses, la
préparation des repas, le ménage, habitudes si fortement ancrées dans notre
société qu’elles en passent pour la plupart du temps comme « allant de
soi » pour beaucoup d’hommes pas forcément machistes.
La femme gelée n’est à mon sens pas un roman féministe à
proprement parler mais plutôt une œuvre permettant aux femmes de prendre
conscience d’usages voire de dogmes remontant à la nuit des temps et aux
hommes d’appréhender par là même certains avantages dont ils jouissent de par
notre environnement culturel ce dont ils n’ont pas forcément toujours
pleinement conscience.
(Article initialement publié sur de terres et de mots... le
14 juillet 2010)
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