lundi 19 mars 2012

Le Grand Meaulnes (Alain Fournier)


Augustin Meaulnes, Franz et Yvonne de Galais, des personnages qui s’impriment dans votre imaginaire et y demeurent. Ayant découvert ce roman il y a plusieurs dizaines d’années (déjà) et l’ayant relu récemment je l’ai tout autant apprécié à sa relecture. Le souvenir m’était resté de cette fête onirique, dans ce château fabuleux. Fête à laquelle Augustin Meaulnes se trouve « être invité » de manière totalement fortuite. Par extension au fil des ans la fête était devenue le roman lui-même. Pourtant si la fête est bien l’élément central, l’axe du roman, celui-ci est plus que cela. Henri Alban Fournier, de son pseudonyme Alain-Fournier, situe le cadre de son roman dans le Berry, région chère à George Sand. Comme dans certains romans de la « bonne Dame de Nohant » on y retrouve, surtout en début de texte, la même impression de région isolée, de pays en dehors du temps, sensation amplifiée dans le roman d’Alain-Fournier par la présence de l’hiver.
La recherche perpétuelle de la jeune fille que Meaulnes ne parviendra à retrouver, grâce à son ami François Seurel, que bien des années plus tard est une véritable quête initiatique, une description du passage de l’adolescence à l’âge adulte. Yvonne de Galais retrouvée, Augustin Meaulnes ne connaît pourtant pas le repos; Il lui reste une dernière chose à accomplir.
Métaphore d’un paradis perdu, la nuit magique que Meaulnes passe au château, magnifiée en cela par sa rencontre avec la sublime Yvonne de Galais sera le point de départ d’une quête visant à retrouver ce passé, idéalisé de manière toute subjective par le romantisme exacerbé de Meaulnes. Lorsque Meaulnes retrouve ce monde perdu, bien ancré dans le monde réel et que la brume de mystère et de féérie se dissipe comment réagira-t-il ?
Œuvre intemporelle, Le grand Meaulnes se doit d’être lu par tout un chacun. Quête initiatique, magnification d’une réalité idéalisée par le temps qui passe, on a tous notre « fête au château des Galais » quelque part, moment magique et unique, sublimé par le temps qui passe et que l’on ne revivra jamais.
(Article initialement publié sur de terres et de mots... le 14 juillet 2010)

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