Augustin Meaulnes, Franz et Yvonne de Galais, des
personnages qui s’impriment dans votre imaginaire et y demeurent. Ayant
découvert ce roman il y a plusieurs dizaines d’années (déjà) et l’ayant relu
récemment je l’ai tout autant apprécié à sa relecture. Le souvenir m’était
resté de cette fête onirique, dans ce château fabuleux. Fête à laquelle
Augustin Meaulnes se trouve « être invité » de manière totalement
fortuite. Par extension au fil des ans la fête était devenue le roman lui-même.
Pourtant si la fête est bien l’élément central, l’axe du roman, celui-ci est
plus que cela. Henri Alban Fournier, de son pseudonyme Alain-Fournier, situe le
cadre de son roman dans le Berry, région chère à George Sand. Comme dans
certains romans de la « bonne Dame de Nohant » on y retrouve, surtout
en début de texte, la même impression de région isolée, de pays en dehors du
temps, sensation amplifiée dans le roman d’Alain-Fournier par la présence de
l’hiver.
La recherche perpétuelle de la jeune fille que Meaulnes ne
parviendra à retrouver, grâce à son ami François Seurel, que bien des années
plus tard est une véritable quête initiatique, une description du passage de
l’adolescence à l’âge adulte. Yvonne de Galais retrouvée, Augustin Meaulnes ne
connaît pourtant pas le repos; Il lui reste une dernière chose à accomplir.
Métaphore d’un paradis perdu, la nuit magique que Meaulnes
passe au château, magnifiée en cela par sa rencontre avec la sublime Yvonne de
Galais sera le point de départ d’une quête visant à retrouver ce passé,
idéalisé de manière toute subjective par le romantisme exacerbé de Meaulnes.
Lorsque Meaulnes retrouve ce monde perdu, bien ancré dans le monde réel et que
la brume de mystère et de féérie se dissipe comment réagira-t-il ?
Œuvre intemporelle, Le grand Meaulnes se doit d’être lu par
tout un chacun. Quête initiatique, magnification d’une réalité idéalisée par le
temps qui passe, on a tous notre « fête au château des Galais » quelque
part, moment magique et unique, sublimé par le temps qui passe et que l’on ne
revivra jamais.
(Article initialement publié sur de terres et de mots... le
14 juillet 2010)
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