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lundi 19 mars 2012

Le blé en herbe (Colette)


Le blé en herbe ou le passage de l’enfance à l’âge adulte de deux adolescents, Phil et Vinca.
Ce roman de Colette paru en 1923 provoqua à l’époque un vif tollé face à la hardiesse de l’auteur dans les descriptions des sentiments des deux jeunes gens. Amis depuis leur plus tendre enfance, Phil et Vinca se voient régulièrement à l’occasion des grandes vacances dans la maison que leurs parents respectifs louent en commun. Pourtant l’année des 16 ans de Phil va initier un profond changement dans les relations entre les deux adolescents. Phil commence à percevoir Vinca, d’un an sa cadette, d’une manière toute différente, nettement moins enfantine, tandis qu’une étrangère, tout de blanc vêtue, Camille Dalleray fait son apparition…
Un roman fort connu, bien sur, mais qui m’a cependant quelque peu agacé lors de sa lecture au vu de la pléthore de descriptions physiques se rapportant essentiellement aux yeux, aux cheveux et à la couleur de la peau de Vinca : …ses yeux d’un bleu incomparable…, les yeux bleus vacillèrent…, ces yeux bleus dont le bleu…, le bleu rare de ses yeux…
La même redondance de détails physiques vaut également mais dans une moindre mesure pour Phil. Nonobstant ce travail stylistique quelque peu ampoulé à mes yeux (mais c’est un avis tout à fait personnel) et qui je l’avoue à quelque peu gâché mon plaisir à découvrir cette œuvre, il faut bien avouer que l’étude de Colette est tout à fait pertinente dans la description de ces adolescents qui découvrent l’amour et la sensualité.
En conclusion: un livre à découvrir même si parfois, pour quelques-uns, certains passages sont susceptibles  d'agacer quelque peu...
(Article initialement publié sur de terres et de mots... le 2 août 2010)

Le Grand Meaulnes (Alain Fournier)


Augustin Meaulnes, Franz et Yvonne de Galais, des personnages qui s’impriment dans votre imaginaire et y demeurent. Ayant découvert ce roman il y a plusieurs dizaines d’années (déjà) et l’ayant relu récemment je l’ai tout autant apprécié à sa relecture. Le souvenir m’était resté de cette fête onirique, dans ce château fabuleux. Fête à laquelle Augustin Meaulnes se trouve « être invité » de manière totalement fortuite. Par extension au fil des ans la fête était devenue le roman lui-même. Pourtant si la fête est bien l’élément central, l’axe du roman, celui-ci est plus que cela. Henri Alban Fournier, de son pseudonyme Alain-Fournier, situe le cadre de son roman dans le Berry, région chère à George Sand. Comme dans certains romans de la « bonne Dame de Nohant » on y retrouve, surtout en début de texte, la même impression de région isolée, de pays en dehors du temps, sensation amplifiée dans le roman d’Alain-Fournier par la présence de l’hiver.
La recherche perpétuelle de la jeune fille que Meaulnes ne parviendra à retrouver, grâce à son ami François Seurel, que bien des années plus tard est une véritable quête initiatique, une description du passage de l’adolescence à l’âge adulte. Yvonne de Galais retrouvée, Augustin Meaulnes ne connaît pourtant pas le repos; Il lui reste une dernière chose à accomplir.
Métaphore d’un paradis perdu, la nuit magique que Meaulnes passe au château, magnifiée en cela par sa rencontre avec la sublime Yvonne de Galais sera le point de départ d’une quête visant à retrouver ce passé, idéalisé de manière toute subjective par le romantisme exacerbé de Meaulnes. Lorsque Meaulnes retrouve ce monde perdu, bien ancré dans le monde réel et que la brume de mystère et de féérie se dissipe comment réagira-t-il ?
Œuvre intemporelle, Le grand Meaulnes se doit d’être lu par tout un chacun. Quête initiatique, magnification d’une réalité idéalisée par le temps qui passe, on a tous notre « fête au château des Galais » quelque part, moment magique et unique, sublimé par le temps qui passe et que l’on ne revivra jamais.
(Article initialement publié sur de terres et de mots... le 14 juillet 2010)