Recueil de souvenirs liés à son père, La place est un court
roman d’Annie Ernaux. Comme dans ses autres romans autobiographiques une part
importante du récit gravite autour du commerce familial qu’ont tenu ses parents
à Yvetot en Normandie. Ce commerce qui fut la raison et le moyen de vivre de
ses parents durant de longues années reste bien présent dans la mémoire et
l’œuvre d’Annie Ernaux qui nous brosse ici un émouvant tableau familial.
Souvenirs du grand-père qui, peut-être, ne savait ni lire ni écrire mais par
contre connaissait très bien l’usage des chiffres, de l’enfance de son père
puis du service militaire de celui-ci dans une ville de garnison en Lorraine.
Viennent ensuite les emplois successifs, la rencontre avec la mère de l’auteur,
l’acquisition du commerce familial tout en continuant à travailler à l’usine
afin de pouvoir vivre décemment.
Tout cela et bien d’autres souvenirs nous sont dépeints de
manière succincte mais détaillée. On sent la volonté, l’envie, d’Annie Ernaux
de nous faire partager tout cela mais une certaine retenue, peut-être une
certaine pudeur semble présente.
Ce roman empreint de nostalgie laisse penser que faire
revivre cette période fut pour l’auteur un moment assez difficile. Son propre
parcours est ici succinctement abordé car ce sont bel et bien ses parents qui
sont les personnages principaux de ce récit. Un récit court donc mais
particulièrement poignant.
(Article initialement publié sur de terres et de mots... le
27 juillet 2010)
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