mardi 20 mars 2012

Les vieux de la vieille (René Fallet)


Dans ce roman de René Fallet à l’origine du film éponyme, trois compères, Jean-Marie Pejat, Baptiste Talon et Blaise Poulossière, adeptes inconditionnels de la chopine, coulent des jours paisibles dans un petit bourg du Bourbonnais. Lors de la fête des escargots, ils prennent soudain conscience de leur âge, du temps qui a passé, et se sentant désormais trop vieux pour demeurer avec leurs concitoyens, décident à l’initiative de Jean-Marie Pejat, ancien mécano et chef naturel de la petite bande, de se rendre dès le lendemain, à l’hospice départemental de Gouyette.
« On sera comme dans un litre », phrase prononcée par l’ancien mécano, Jean-Marie Pejat, résume bien l’idéal que représente pour le trio, la supposée vie idyllique à l’hospice.
Le roman raconte leur périple, faisant la part belle aux souvenirs que représente pour eux tel ou tel endroit qui les a marqué durant leur longue vie. Lors d'une première pause, au cimetière du village, où avant de tourner définitivement la page et aidés de leur amie de toujours, la chopine, ils font l’apologie de leurs condisciples, partis trop tôt. Les personnages rencontrés, telle Catherine, la femme qu’ils ont connue tous trois et qu’ils retrouvent la veille de son mariage, les situations plus ou moins cocasses, comme leur confrontation à la technologie, à la modernité, opèrent un changement à leur insu qui leur fait entrevoir au terme de leur équipée, que la sénescence n’est pas encore venue. L’hospice de Gouyette est-il vraiment l’endroit idéal pour les trois compères ?
Brillamment adapté au cinéma par Gilles Grangier dans le film que l’on connaît tous et qui est une adaptation relativement fidèle du roman, Les vieux de la vieille, aventure de trois compères, qui accusent tous plus de soixante-dix ans, s’avère être en quelque sorte un parcours initiatique à reculons qui prouve que l’âge de l’esprit est un facteur essentiel dans le processus du vieillissement. Par-delà ces considérations, le livre reste très agréable à lire et ne décevra pas quiconque a aimé le film.
(Article initialement publié sur de terres et de mots... le 4 mars 2012)

Note : 8/10 

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