Dans ce roman de René Fallet à l’origine du film éponyme,
trois compères, Jean-Marie Pejat, Baptiste Talon et Blaise Poulossière, adeptes
inconditionnels de la chopine, coulent des jours paisibles dans un petit bourg
du Bourbonnais. Lors de la fête des escargots, ils prennent soudain conscience
de leur âge, du temps qui a passé, et se sentant désormais trop vieux pour
demeurer avec leurs concitoyens, décident à l’initiative de Jean-Marie Pejat,
ancien mécano et chef naturel de la petite bande, de se rendre dès le
lendemain, à l’hospice départemental de Gouyette.
« On sera comme dans un litre », phrase prononcée
par l’ancien mécano, Jean-Marie Pejat, résume bien l’idéal que représente pour
le trio, la supposée vie idyllique à l’hospice.
Le roman raconte leur périple, faisant la part belle aux
souvenirs que représente pour eux tel ou tel endroit qui les a marqué durant
leur longue vie. Lors d'une première pause, au cimetière du village, où avant
de tourner définitivement la page et aidés de leur amie de toujours, la
chopine, ils font l’apologie de leurs condisciples, partis trop tôt. Les
personnages rencontrés, telle Catherine, la femme qu’ils ont connue tous trois
et qu’ils retrouvent la veille de son mariage, les situations plus ou moins
cocasses, comme leur confrontation à la technologie, à la modernité, opèrent un
changement à leur insu qui leur fait entrevoir au terme de leur équipée, que la sénescence n’est pas encore venue. L’hospice de Gouyette est-il vraiment
l’endroit idéal pour les trois compères ?
Brillamment adapté au cinéma par Gilles Grangier dans le
film que l’on connaît tous et qui est une adaptation relativement fidèle du
roman, Les vieux de la vieille, aventure de trois compères, qui accusent tous
plus de soixante-dix ans, s’avère être en quelque sorte un parcours initiatique
à reculons qui prouve que l’âge de l’esprit est un facteur essentiel dans le
processus du vieillissement. Par-delà ces considérations, le livre reste très
agréable à lire et ne décevra pas quiconque a aimé le film.
(Article initialement publié sur de terres et de mots... le 4
mars 2012)
Note : 8/10
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