Monsieur Ladmiral va bientôt mourir est le titre du court
roman de Pierre Bost qui a largement inspiré Bertrand Tavernier pour son film
Un dimanche à la campagne. Peinture de mœurs de la bourgeoisie du début du
vingtième siècle, le roman est axé sur monsieur Ladmiral, artiste peintre à la
retraite, qui comme presque chaque dimanche, reçoit son fils Edouard, sa brue
Marie-Thérèse et leurs trois enfants, Emile, Lucien et Mireille. Selon un rite
immuable Monsieur Ladmiral va accueillir tout ce petit monde à la gare de
Saint-Ange-des-Bois. Son fils Edouard, renommé Gonzague par son épouse
Marie-Thérèse accomplit fidèlement ce voyage depuis Paris presque tous les
dimanches mais monsieur Ladmiral ne se cache pas que c’est sa fille Irène qu’il
préférerait voir plus souvent. Malheureusement pour lui, il se trouve que cette
dernière est nettement moins régulière dans ses visites que son frère.
Monsieur Ladmiral va bientôt mourir, bien que très court,
nous permet néanmoins de pénétrer l’atmosphère désuète empreinte d’une certaine
nostalgie de ce milieu bourgeois du début du siècle dernier. Deux styles de vie
s’y opposent : Edouard / Gonzague, très conservateur et fidèle dans ses
habitudes témoignant d’une époque appelée à disparaître et Irène, sa sœur,
faisant au contraire preuve d’une adaptation à un rythme de vie trépidant qui
ne va cesser de s’amplifier au cours des décennies suivantes pour devenir le
standard du mode de vie actuel, faisant par là même figure de précurseur.
(Article initialement publié sur de terres et de mots... le
26 septembre 2010)
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