Un mystérieux artefact qui possède d’étonnantes propriétés
est découvert dans un désert de Turquie. Ainsi commence Mysterium, roman de
Robert Charles Wilson, paru dans la collection Folio SF qui a obtenu le prix
Philip K. Dick en 1995.
Two Rivers, petite ville de l’est des États-Unis, est
choisie pour y construire les installations nécessaires à l’étude de l’objet.
Une nuit, le conté est réveillé par des explosions et des lueurs étranges
provenant du laboratoire. Les habitants ne le savent pas encore mais leur vie
va désormais radicalement changer car la ville et ses environs immédiats
viennent de glisser dans un autre univers.
Nous avons affaire à un des thèmes de prédilection de
l’auteur : l’irruption d’un microcosme de normalité dans un environnement
étranger. La population va être confrontée aux habitants ultra religieux de ce
monde dont la technologie accuse une soixantaine d’années de retard sur la
nôtre. Pourquoi ce glissement dans cet univers bien précis ? Quelle en est
la cause ? Comment vont interagir ces deux mondes ? Enrichissement
mutuel ou prédominance de l’un vis-à-vis de l’autre ? Bien des questions,
qui pour la plupart, recevront des réponses malheureusement trop floues.
Comme souvent dans les romans de Robert Charles Wilson, la
mise en place de l’intrigue puis son développement sont tout à fait
intéressants mais sont malheureusement suivis d’un dénouement trop rapide qui
laisse bien des questions en suspens. Le sujet des multivers abordé ici s’avère
particulièrement intéressant tel que présenté par l’auteur et aurait
mérité quelques explications plus poussées que celles proposées. Des
références, pourquoi pas, aux textes de vulgarisations de travaux de
scientifiques en ce domaine se seraient peut-être avérées opportunes.
Mysterium est un roman passionnant et agréable à lire mais
qui pèche par sa conclusion trop courte et quelque peu difficile à appréhender.
(Article initialement publié sur Les bouquins de Joël le 26
octobre 2011)
Note : 8/10
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire