Deepsix, roman de près de 650 pages de Jack McDevitt nous
permet de retrouver Priscilla Hutchins, dite Hutch, l’héroïne des Machines de
Dieu dans une autre aventure dont le moteur est là encore l’archéologie
extra-terrestre.
Maleiva III, année 2204, une expédition scientifique à la
découverte de cette planète de type terrestre se fait décimer par ce qui
passait pour d’inoffensifs cardinaux (les oiseaux, pas les religieux). Seuls
quelques membres de l’expédition dont le responsable, Randy Nightingale, en
réchappent. Conséquence : la planète est jugée trop dangereuse et est
déclarée interdite à l’exploration. Peu de temps après, un physicien découvre
que Maleiva III sera d’ici à une vingtaine d’année, percutée par une géante
gazeuse initialement projetée hors de son système d’origine par quelque catastrophe
cosmique. La planète, d’une taille comparable à Jupiter est nommée Morgan en
hommage à son découvreur.
Les années passent… En 2223, à quelques jours de la
collision, des vestiges archéologiques, témoins de vie intelligente, sont
découverts à la surface de Deepsix par le Wendy Jay, vaisseaux scientifique
chargé d’observer la collision. Non équipé pour des fouilles archéologiques le
vaisseau demande assistance. Pas le temps de faire venir une équipe de la
Terre. Un vaisseau spécialisé, de retour de Quraqua (planète sur laquelle se
situe une partie de l’intrigue des machines de Dieu), le Wildside, est requis
d’urgence. A son bord : Priscilla Hutchins et Randy Nightingale.
Les archéologues, descendus au sol afin d’y étudier les
vestiges sont bientôt rejoints par d’autres personnes dont un célèbre
chroniqueur. Venu à l’instar d’autres touristes fortunés observer la collision
en toute sécurité à bord du luxueux vaisseau de croisière l’Evening Star,
celui-ci agace l’équipe par sa suffisance.
Malheureusement, la planète commence à ressentir les
contrecoups de l’approche de la géante et un séisme détruit les deux modules
ayant permis le transfert depuis les vaisseaux spatiaux. Naufragés, les
archéologues et le journaliste n’ont a priori aucun moyen de regagner leurs
vaisseaux avant la destruction totale. Cependant à l’initiative de Marcel
Clairveau, capitaine du Wendy Jay, un colossal programme de sauvetage est mis
en place mobilisant la totalité des équipages et des passagers des trois
vaisseaux qui, entre-temps, ont été rejoints par un quatrième, le Zwick.
Roman faisant suite aux machines de Dieu, Deepsix peut tout
à fait se lire indépendamment de celui-ci. Jack McDevitt a l’art et la manière
de nous immerger dans un univers cohérent réussissant habilement à faire une
synthèse entre Hard Science et étude de caractères. La trame du récit dépeint
le périple du petit groupe à travers les étendues redevenues sauvages de
Deepsix (ressemblant peut-être un peu trop à la Terre et pas assez
"alien"), autrefois habitée par une brillante civilisation ainsi que
le montage du projet de sauvetage. Au fil du roman, avec en toile de fond
l'approche inéluctable de Morgan, les façades des différents protagonistes de
l’aventure se lézarderont puis se disloqueront, mettant à jour leurs
véritables personnalités.
Le thème du récit, crédible, fait également penser au film
Le choc des mondes et par ricochet rend ce dernier en partie vraisemblable (On
peut se demander d’ailleurs pourquoi les studios américains, qui avec de tels
romans auraient matière à réaliser des films passionnants leurs préfèrent pour
beaucoup tourner les mêmes sempiternels remakes)
(Article initialement publié sur de terres et de mots... le 8
août 2010)
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