lundi 19 mars 2012

Thérèse Desqueyroux (François Mauriac)


Argelouse, c’est dans ce lieu situé tout à la fois au bord et en dehors du Monde, isolé de tout, que Mauriac situe une grande partie de son roman, Thérèse Desqueyroux.
Accusée d’avoir voulu empoisonner son mari Bernard, Thérèse se trouve acquittée grâce à un non lieu. Pourquoi ? Parce que les Desqueyroux, famille de petite bourgeoisie provinciale, très en vue dans cette région des Landes, veulent à tout prix éviter le scandale. Celui-ci  ne doit pas retomber sur la famille et la petite Marie, fille du couple, doit absolument en être préservée. Épargnée par la justice officielle, Thérèse ne le sera pas par son mari et sa belle-famille. Ceux-ci vont, pour sauvegarder les apparences et leurs intérêts, l’assigner à réclusion, limitant ses sorties en public à la seule messe dominicale ou elle se rendra accompagnée de Bernard.
Isolée de sa fille, sans aucune possibilité de distraction hormis quelques rares promenades au milieu des pins qui sont la richesse de la région, sevrée de cette nicotine dont elle abusait et qui était une de ses rares échappatoires, Thérèse va vite tomber dans un état d’abattement, de prostration. Bernard, le mari, est donc confronté à un dilemme : ne rien faire et laisser Thérèse mourir ou bien lui rendre sa liberté et ne plus avoir prise sur elle. Quel choix va-t-il faire ?
Récit constitué d’une première partie dans laquelle Thérèse se livre à une réflexion sur ce qui l’a amené à son geste et d’une seconde, narrant son isolement qui l’amènera finalement à la dépression, Thérèse Desqueyroux est une étude de caractères qui présente Thérèse sous un jour finalement plutôt sympathique, faisant d’elle le personnage auquel l’on s’identifiera volontiers tandis que le mari, volontiers dépeint de manière presque caricaturale est présenté sous ses aspects les plus négatifs.
Un très bon roman, bien sur, avec une première partie peut-être un peu longue et fastidieuse (à mon goût)  mais qui, en deuxième partie, devient franchement intéressant. 
(Article initialement publié sur de terres et de mots... le 31 juillet 2010)

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